Le moral des ménages a entamé une amélioration spectaculaire ces deux derniers mois, ce qui promet une vague d’optimisme sur le marché de l’immobilier et pour la croissance en France. 

Bien que primordiale et nécessaire au bon fonctionnement de l’économie et du marché, la confiance des ménages est une denrée rare, et surtout fragile.

Son tout récent retour en force peut s’expliquer à la lumière d’un contexte socio-économique changeant, mais aussi grâce à une spectaculaire avancée nationale liée au rayonnement du “Made In France“ de par le monde.

Une France démoralisée pour une économie délaissée

En novembre 2018 débutait le mouvement des Gilets Jaunes qui s’est avéré beaucoup plus long que prévu. Créé à partir d’un ras-le-bol général de la hausse du prix du carburant, son étendue à travers la France et ses rendez-vous réguliers 6 mois durant ont provoqué une profonde baisse du moral des Français.

Les milliers de blessés, les violences à répétitions et la perte finale d’engouement du mouvement y sont pour beaucoup, mais ce sont les pertes financières, estimées par Bruno Le Maire, ministre de l’économie, à 4 milliards d’euros, qui finissent d’alerter les parties.

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Cette colère nationale laissait à penser que le moral des Français ne retrouverait pas son niveau initial, plutôt positif vers avril 2018.

Ce moral est pourtant une des conditions de la croissance et du bon fonctionnement de l’économie.

En effet, des ménages au moral élevé sont optimistes quant aux conditions présentes ou futures de l’état du marché, et ils possèdent une confiance dans les institutions accordant les crédit immobilier, par exemple.

La confiance permet d’augmenter le niveau de consommation, les interactions et transactions financières et immobilières augmentent tandis que le niveau d’épargne a tendance à baisser.

Le marché de l’immobilier, ou marché de la pierre pour les initiés, repose sur le même principe. Pour fonctionner, plusieurs conditions doivent être réunies : les conditions d’octroi de crédit doivent être relativement souples, et le moral des ménages relativement élevé.

Les taux d’intérêt bas encouragent les actes d’achat, ce qui est décidé par les banques.

Une reprise de l’engouement pour la pierre

Un sondage IFOP effectué pour la FNAIM révèle que l’immobilier séduit les Français pour son dynamisme. 83 % des sondés estiment que les taux des crédits immobiliers sont faciles d’accès et attractifs, et plus de la moitié des Français ont le sentiment que la conjoncture est ou sera favorable (taux bas, prix élevés).

En plus des crédits immobiliers, la consommation reprend du poil de la bête, selon l’INSEE : la confiance de ménages a retrouvé 2 points en juin 2019 et le pouvoir d’achat des Français remonte rapidement pour favoriser leur consommation.

Ce sentiment que les conditions du marché français de l’immobilier sont idéales peut être expliqué par plusieurs evènements récents ou phénomènes typiquement franco-français.

  • Les fortunes françaises rivalisent avec les plus grande richesses mondiales. Pour ne citer qu’eux, l’inscription récente de Bernard Arnaud (LVMH)  à la troisième place des richesses mondiales les plus importantes, ou le fait que la première femme du classement, Françoise Bettencourt-Meyers, soit française et à la tête de l’Oréal, contribue au positionnement fort de la France au niveau des grands groupes mondiaux (Le journal économique).
  • Le fort développement du secteur du luxe permet d’enclencher la machine à recrutement, et de relancer l’emploi. De plus, les fabrications et les productions Made In France s’effectuant de plus en plus au sein de l’Hexagone, c’est la croissance nationale qui en bénéficie au final.
  • Le secteur de l’immobilier aussi connaît une forte relance, avec Paris qui se hisse à la 10ème place du classement des villes les plus chères au monde pour les ultra-riches. Pour ses vues, ses prix et ses surfaces, d’après BFM, la France est un lieu très attractif, et il se pourrait que la mesure prise par Emmanuel Macron de transformer l’ISF en Impôt sur la fortune immobilière y soit pour quelque chose.
  • D’autres éléments peuvent être pris en compte, tels la hausse du niveau de vie des Français qui est dûe à la baisse de la mortalité chez les seniors. 

La consommation repart donc, tandis que le sentiment de la nécessité d’épargner diminue. Ceci peut être dû à une perte progressive de la crainte du chômage qu’observe l’INSEE.

Quelles conclusions pour le marché de l’immobilier ?

Ce regain de confiance des ménages a des effets positifs très concrets sur l’état du marché. 

En effet, le vent d’optimisme, ces actes d’achats et ces crédits accordés plus souplement permettent d’augmenter les acquisitions immobilières. L’étude de l’IFOP souligne que les primo-acquéreurs sont les plus nombreux, et cela concerne aussi les résidences principales et secondaires. 

Le président de la FNAIM considère que « Depuis un plus bas en mai 2018,  

l’indice d’activité s’est restauré avec un net rebond pour les biens destinés à la location et aux vacances ».

Phénomène nouveau : les durées d’endettement sont plus longues en moyenne depuis cette année, ce qui signifie que les ménages sont prêts à accéder à des crédits de plus en plus longs.

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